CARDIN Lise

Maîtresse de Conférences

  cardin@unistra.fr
  03 68 85 64 58
 Bureau n°116 (Escarpe)

 Bâtiment "L'Escarpe"
      11 rue du Maréchal Juin - 67000 Strasbourg

 INSPÉ de Strasbourg, 141 avenue de Colmar - 67024 Strasbourg Cedex

Thèmes de recherche

  • Histoire culturelle des pratiques physiques et sportives et de l'EPS
  • Trajectoires et enjeux de diffusion des pratiques physiques et sportives
  • Représentations, histoire technique et technologique du handball

Biographie

Après un cursus STAPS mention « Éducation et motricité » successivement à l’université de Caen-Basse Normandie puis à l’université de Rennes 2, suite à l’obtention du concours d’entrée de l’Ecole Normale Supérieure de Cachan-Antenne de Bretagne en deuxième année de licence, Lise Cardin obtient l’agrégation externe d’EPS en 2013. Elle poursuit ses études en STAPS avec un master de recherche en sciences humaines et sociales, mention « Sciences de l’Education », spécialité « Education et formation » à l’université de Rennes 2. A l’issue de son cursus de normalienne, Lise Cardin obtient un contrat doctoral spécifique aux normaliens pour prolonger ses recherches en sciences sociales du sport et rejoint la Faculté des sciences du sport de Strasbourg (F3S) en septembre 2014 pour y exercer des missions d’enseignement en complément de son doctorat. Après une année d’ATER, elle est recrutée en tant que PRAG à la F3S en septembre 2018. Sa thèse, soutenue en 2019, s’intitule : « Introduction et diffusion du handball en France : des origines étrangères à l’affirmation nationale française (1922-2004) ». Depuis septembre 2024, elle est maître de conférences à l’INSPÉ de Strasbourg.

Recherche et activité internationale

  •  2024 – présent : Participation à l’ANR « Corps féminin et menstruations en Éducation physique. Dialogue des expériences corporelles des élèves et des gestes professionnels des enseignants en France et au Québec », porté par Aline Paintendre, PSMS, Université de Reims-Champagne-Ardenne.

Publications et communications

37 publications

  • Article dans une revue
  • MARIE-THÉRÈSE EYQUEM OU A EMANCIPAÇÃO SOB O CONTROLE DAS PRÁTICAS CORPORAIS FEMININAS (1942-1961)

    Jean Saint-Martin, Lise Cardin, Lisa Walther
    Revista Brasileira De História Da Educação, 2023, 23 (1), pp.e268. ⟨10.4025/rbhe.v23.2023.e286⟩
    Article dans une revue

    Entre 1942, ano em que foi nomeada encarregada de projetos de educação física e esportes femininos e 1961, quando se tornou Inspetora da Juventude e Esportes, Marie-Thérèse Eyquem multiplicou iniciativas para sensibilizar as jovens francesas sobre os objetivos higiênicos e estéticos relativo aos exercícios físicos. Sendo assim, o objetivo do presente artigo visa analisar esse engajamento contínuo realizado pela professora ao longo de duas décadas e seus efeitos nas transformações da educação física feminina francesa. Trata-se de medir tanto a importância das fontes de inspiração desta personagem, bem como a evolução do seu percurso intelectual na tentativa de explicar como a emancipação feminina se assenta em parte numa liberdade tutelada do corpo feminino.

  • Evolution of French handball teaching during the 1960s and 1970s: a new representation of team sports

    Lise Cardin
    Materiales para la Historia del Deporte, 2022, 22, pp.46. ⟨10.20868/mhd.2022.22.4628⟩
    Article dans une revue

    RésuméNotre contribution s’attachera à mettre en évidence les transformations dans la conception du handball et de son apprentissage, apportées pendant les années 1960 et 1970 en lien notamment avec l’évolution de la représentation des sports collectifs en France et à l’étranger mais également avec les modifications d’orientation des pratiques physiques pour les jeunes.D’un point de vue méthodologique, nous avons recherché et identifié en France les articles de la Revue EPS sur le handball, différents ouvrages technico-tactiques ainsi que les fascicules publiés par la Direction technique nationale (DTN). Ce corpus est complété par des sources de nature fédérale, telles que la revue officielle de la Fédération française de handball (Bulletin Fédéral) des années 1960 et 1970, des archives privées et des éléments relatifs aux sports collectifs en particulier en lien avec le Colloque international de Vichy de 1965, précurseur dans le domaine de la réflexion tactique en sports collectifs.L’analyse de ces sources éclectiques nous permet de mettre en évidence une transformation théorique de la conception du handball au cours des années 1960 induisant progressivement des modifications dans l’enseignement et l’entraînement des jeunes joueurs. En lien, plus ou moins explicite, avec les travaux de Frédérich Mahlo et Léon Teodoresco, présentés lors du Colloque international de Vichy, la technique n’est plus une juxtaposition de gestes, mais une technique d’action, réinvestissable dans la tactique collective. Par conséquent, la notion de jeu reprenant les éléments principaux de la logique interne de tout sport collectif – balle, cible, partenaires, adversaires, espace, temps – prend une autre dimension dans les leçons d’éducation physique et sportive. Les situations d’apprentissage in situ prennent alors progressivement le pas sur les situations d’apprentissage technique voire technocentré qui faisaient encore foi dans les années 1960. AbstractOur contribution highlights the transformations in the conception of handball and its learning during the 1960s and 1970s. We focus specifically on the evolution of the representation of team sports in France and abroad as well as changes in the orientation of physical practice in youth. Methodologically, we identified documents about handball in France: articles from the Revue EPS, various technical-tactical works and the booklets published by the Direction Technique Nationale (i.e. the technical committee) of the french handball federation (FFHB). This corpus is completed by federal sources such as the FFHB official journal (Bulletin Fédéral) during the 1960s and 1970s, private archives, and other team sports documents, in particular related to the International Colloquium of Vichy in 1965, which initiated tactical thinking in team sports. Analyses of these eclectic sources highlights a theoretical transformation of the conception of handball during the 1960s. Indeed, changes in the teaching and training of young players were progressively introduced. Consistent with Frédérich Mahlo’s and Léon Teodoresco’s works presented during the International Colloquium of Vichy, the technique is no longer a juxtaposition of isolated movements, but a technique ‘through action’ that a player could use in collective tactics. Consequently, the game is upgraded in lessons of sport and physical education by considering all the pieces of team sports ‘internal logic’, namely the ball, the target, partners, opponents, the space and the time. Therefore, learning situations in situ get increasing interest contrary to technical or ‘techno-centric’ lessons (i.e. focused on technique only and not on the player) that were still widely used in the 1960s. ResumenLa meta de nuestra aportación será poner de relieve las transformaciones de la concepción del balonmano y de su enseñanza, herencia de los años sesenta y setenta, estableciendo el vínculo con la evolución de la representación de los deportes colectivos en Francia y en el extranjero y también con las modificaciones de orientación de las prácticas deportivas para los jóvenes. En cuanto a nuestro enfoque metodológico, buscamos e identificamos en Francia los artículos de la revista Revue EPS referentes al balonmano, varias obras técnico-tácticas así como los folletos publicados por la Dirección Técnica Nacional (DTN). Ese corpus lo completan fuentes federales tales como la revista oficial de la Federación Francesa de balonmano (Boletín Federal) de los años 60 y 70, archivos privados y elementos relativos a los deportes colectivos en particular los vinculados con el Coloquio Internacional de Vichy de 1965, precursor en el campo de la reflexión táctica en los deportes colectivos. El análisis de esas fuentes eclécticas nos permite evidenciar una transformación teórica de la concepción del balonmano durante los años 60 que generaron poco a poco modificaciones en la enseñanza y en el entrenamiento de los jugadores jóvenes. Como consecuencia más o menos explícita de los trabajos de Frédérich Mahlo y de Léon Teodoresco, presentados en ocasión del coloquio internacional de Vichy, la técnica ya no es una yuxtaposición de gestos sino una técnica de acción, transferible a la táctica colectiva. Por consiguiente, la noción de juego que abarca los elementos principales de la lógica interna de cualquier deporte colectivo (pelota, blanco, compañeros, adversarios, espacio y tiempo) coge otra dimensión en las clases de educación física y deportiva. Entonces, las situaciones de aprendizaje in situ poco a poco, ganan por la mano a las situaciones de aprendizaje técnico incluso tecnocentrado que todavía eran la norma en los años 60.

  • Jadwiga Folliot ou la diffusion d’une pratique semi-professionnelle dans le hand-ball français amateur de la fin des années 1970

    Lise Cardin, Daphné Bolz, Jean Saint-Martin
    Sport History Review, 2020, 51 (2), pp.243-262. ⟨10.1123/shr.2019-0016⟩
    Article dans une revue

    « Quand je suis arrivée en France, […] tout ça, au fait, que j’avais vu, j’ai vécu en Pologne, j’ai transmis en France » (Folliot, 22 avril 2017). Cette notion de transmission semble importante pour Jadwiga Folliot, elle-même, lorsqu’elle décrit son parcours handballistique. Elle apparaît même comme un devoir au regard de sa trajectoire de vie. Née en 1953 à Cracovie, en Pologne, Jadwiga Nowak fait partie des meilleures juniors polonaises avant d’intégrer à 33 reprises, l’équipe nationale. Lorsqu’elle arrive en France le 1 er décembre 1974, en pleine Guerre froide, des différences majeures transparaissent dans l’organisation du handball, et plus généralement dans la gouvernance du sport, entre la France et la Pologne. A partir de témoignages, de coupures de presse mais également d’archives institutionnelles de la Fédération Française de Handball, nous avons identifié les différents rôles assumés par Jadwiga Folliot dans le développement du handball au sein de l’Association Sportive de Mantes la Jolie, puis du département des Yvelines et plus largement au niveau de l’équipe de France qu’elle va intégrer en décembre 1975.Si elle ne peut importer le système sportif professionnel polonais en France, pays dans lequel le handball est encore amateur, il semble qu’elle ait réussi à importer certains aspects qui ont ensuite permis de hausser le niveau technique non seulement de son équipe de club, l’AS Mantaise, mais aussi et surtout de l’équipe de France féminine de handball.

  • Nelson Paillou et la transformation du handball en France (1942–1982) : Entre discours et réalités

    Lise Cardin, Daphné Bolz, Jean Saint-Martin
    Stadion - Zeitschrift für Geschichte des Sports und der Körperkultur, 2020, 44 (2), pp.366-389. ⟨10.5771/0172-4029-2020-2-366⟩
    Article dans une revue

    Nelson Paillou can be considered a major sports leader of the second half of 20th century France. He was president of the French Handball Federation from 1964 to 1982, vice-president and eventually president of the French National Olympic and Sports Committee (CNOSF) from 1971 to 1993, and a key person in the foundation of the French association for violence-free sport and fair play. Based on printed sources and on personal as well as institutional archives, this article questions the role Paillou played in the development of French sport. First, Paillou worked to introduce and disseminate handball in France, and he developed a policy to enable masses of people to learn to play handball across the country. As such, he targeted the French youth and founded a national executive for handball technique in order to structure the supervision of players of all levels, from initiation up to the elite level. Second, Nelson Paillou also contributed to the recognition and visibility of handball in France and at European and international levels. He developed a significant communication policy and assured a remarkable presence at all handball events in order to reinforce his choices in terms of management and diffusion of the game. Finally, it appears that during the second half of the 20th century, Paillou, who strongly supported the ideals of Pierre de Coubertin, emerged as a promotor of humanist values in sport and in handball. His position against sponsors and some kind of professionalism was overcome with difficulties but it was necessary to open French handball to the international field. Paillou presented himself as an ambiguous French sports leader who sometimes took contradictory decisions. However, Paillou’s resolutions reflected the choices of an opportunistic leader in front of the transformation of sport in a period marked by the arrival of show business and professionalism.

  • «Nelson Paillou et la transformation du handball en France (1942-1982) : Entre discours et réalités »

    Lise Cardin, Daphné Bolz, Jean Saint-Martin
    Stadion - Zeitschrift für Geschichte des Sports und der Körperkultur, 2020
    Article dans une revue

    Nelson Paillou can be considered a major sports leader of the second half of 20th century France. He was president of the French Handball Federation from 1964 to 1982, vice-president and eventually president of the French National Olympic and Sports Committee (CNOSF) from 1971 to 1993, and a key person in the foundation of the French association for violence free sport and fair-play. Based on printed sources and on personal as well as on institutional archives, this article questions the role Paillou played in the development of French sport. First, Paillou worked to introduce and disseminate handball in France, and he developed a policy to bring masses of people to get to learn and play handball across the country. As such, he targeted the French youth and founded a national executive for handball technique in order to structure the supervision of players of all levels, from the initiation up to the elite level. Second, Nelson Paillou also contributed to the acknowledgment and the visibility of handball in France and at European and international level. He developed a significant communication policy and assured a remarkable presence at all handball events in order to reinforce his choices in terms of management and diffusion of the game. Finally, it appears that during the second half of the 20th century, Paillou who strongly supported the ideals of Pierre de Coubertin, showed up as a promotor of humanist values in sport and in handball. His position against sponsors and some kind of professionalism was overcome with difficulties but it was necessary to open French handball to the international field. Paillou presents himself as an ambiguous French sports leader who sometimes took contradictory decisions. However, Paillou’s resolutions reflect the choices of an opportunistic leader in front of the transformation of sport in a period marked by the arrival of show business and professionalism.

  • Chapitre d'ouvrage
  • La trajectoire singulière du handball dans le système olympique (1936-2024)

    Lise Cardin
    Une histoire globale des sports olympiques, Atlande, pp.465-481, 2024, Penser le sport, 9782350309477
    Chapitre d'ouvrage

    Ce chapitre s’attachera à mettre en évidence la trajectoire olympique du handball, de sa présence en sport de démonstration en 1936 à Berlin, puis de son introduction officielle en 1972 et 1976, aux Jeux de Paris en 2024. L’objectif est de retracer cette trajectoire à travers différents indicateurs, qu’il s’agit d’articuler : • une dimension institutionnelle notamment autour de l’intégration du handball dans le programme des Jeux olympiques ; • une dimension culturelle relative à l’évolution des aspects technico-tactiques en lien avec les nations en présence ; • une dimension sociale permettant d’identifier des acteurs, qu’ils soient dirigeants, sportifs ou entraîneurs, dont les décisions et prises de position ont impacté la trajectoire olympique du handball. D’un point de vue méthodologique, les sources mobilisées sont multiples, tant institutionnelles, journalistiques qu’iconographiques, allant d’une échelle locale à une échelle internationale. Pour compléter ce corpus, des entretiens semi-directifs avec des acteurs, principalement français voire roumains, sont envisagés. En somme, il apparaît que le handball jouisse d’une trajectoire particulière et singulière au sein du système olympique : entre son intégration très lente dans le programme officiel et sa faible représentativité internationale se limitant, principalement, à l’Europe. Plus précisément, ce chapitre se découpera en plusieurs parties. Dans un premier temps, il s’agira de rendre compte de l’inscription controversée du handball aux Jeux olympiques. En effet, si cette pratique figure dans le programme olympique de 1936, elle disparaît ensuite pendant 36 ans. L’objectif ici est donc de mettre en évidence les raisons de la présence du handball à Berlin, mais également les justifications reléguant, ensuite, cette pratique à un rôle de sport facultatif ou considérée par certains acteurs comme une pratique dépendant des Jeux olympiques d’hiver. Finalement, les conditions de réintroduction du handball en 1972 à Munich pour les hommes et en 1976 à Montréal seront étudiées. Les liens très forts entre le tournoi olympique et les championnats du monde permettront de questionner les enjeux politiques des Jeux olympiques à travers cette pratique sportive. En effet, les différents boycotts de Jeux olympiques liés à la Guerre froide impactent directement la hiérarchie mondiale, certaines nations fortes du handball étant reléguées en seconde division, appelée Mondial B, suite à une absence de participation aux Jeux olympiques. Justement, il s’agira d’interroger cet entre soi européen (à quelques exceptions près : Corée du Sud, Chine etc.) face à l’internationalisation recherchée par le mouvement olympique, mais également la Fédération internationale de handball. À travers l’analyse des résultats et la liste des équipes médaillées depuis 1972, nous pourrons analyser, d’un point de vue culturel, les systèmes et les dispositifs de jeu en vogue selon les périodes, ceux-ci devenant rapidement des modèles à reproduire pour les nations étrangères. À ce sujet, des ruptures ou du moins des périodes de domination peuvent être identifiées qu’il s’agit d’analyser et d’expliquer.

  • Le monde associatif sportif en France

    Lise Cardin, Paoline Pellegrin
    Éducation physique, pratiques et culture sportives. L’enseignement de spécialité (classe de terminale), dossier EPS n°92, 92, pp.31-37, 2024, 9782867136450
    Chapitre d'ouvrage

  • Communication dans un congrès
  • La médiatisation télévisuelle du handball : une progressive mise en spectacle

    Lise Cardin
    21ème Carrefours d’Histoire du Sport, Oct 2024, Marne-la-Vallée, France
    Communication dans un congrès

    À la suite de sa victoire aux championnats d’Europe (du 10 au 28 janvier 2024), l’équipe de France masculine de handball conforte un peu plus son statut d’équipe de sport collectif français la plus titrée avec six titres de champions du monde (1995, 2001, 2009, 2011, 2015, 2017), trois aux Jeux olympiques (2008,2012,2020) et quatre aux championnats d’Europe (2006, 2010, 2014, 2024). Pourtant, contrairement à d’autres pratiques sportives, lors de ces compétitions, tous les matchs des Français ne sont pas diffusés à la télévision française en clair. Cela nous amène à interroger les enjeux de médiatisation télévisuelle d’une pratique sportive pour tenter de comprendre les stratégies de diffusion. Si depuis les années 1990, « la télévision a une sorte de monopole de fait sur la formation des cerveaux d’une partie très importante de la population » , la place et l’importance de ce média semblent, de nos jours, prépondérantes dans une perspective culturelle. À travers l’exemple du handball, l’objectif de cette communication est d’analyser la relation d’interdépendance entre un sport et les médias présentée par Gérard Derèze : « les médias (sup)portent les compétitions sportives, et les compétitions sportives (sup)portent les médias » . Pour ce faire, deux niveaux d’analyse semblent nécessaires. D’une part, à partir des archives de l’Institut National de l’Audiovisuel extraites des trois bases de données (archives INA TV, DLTV et CabSat) du logiciel Hyberbase, nous avons relevé d’un point de vue quantitatif la présence du handball à la télévision entre 1950 et 2014. D’autre part, ce recueil d’archives a été couplé à des données qualitatives issues principalement d’une dizaine d’entretiens avec des acteurs de la FFHB et des équipes de France (chargée de presse et de communication, présidents, entraîneurs, joueurs etc.), des journalistes sportifs (France télévision et Canal Plus) et le directeur délégué aux sports de France Télévision. Enfin, une comparaison de diffusion de deux matchs de l’équipe de France masculine à deux périodes distinctes (1997 et 2012) vient compléter notre démarche pour repérer les marqueurs significatifs de l’évolution globale du traitement médiatique du handball (type de commentaires, répartition du temps de parole et d’antenne, type de prises de vue). En croisant les données quantitatives et qualitatives, les résultats montrent une augmentation significative du nombre d’émissions mais aussi du temps consacré au handball à la télévision, témoignant d’une prise en compte de la montée en puissance du handball dans la société française, en particulier grâce aux résultats des équipes nationales. Néanmoins, cette croissance apparait comme inégale et nous analyserons la médiatisation du handball selon différentes variables : hommes / femmes, clubs / équipes nationales, chaînes de télévisions publiques / chaînes de télévisions privées etc.. Avec une adaptation du traitement médiatique aux caractéristiques du jeu, l’orientation télévisuelle du handball se tourne désormais vers une spectacularisation du match, accessible au plus grand nombre, induisant une relation réciproque entre les deux éléments.

  • Faire le monde olympique : les enjeux de la constitution du programme olympique

    Lise Cardin
    27ème congrès international du CESH, Nanterre, Jun 2024, Nanterre, France
    Communication dans un congrès

    Avec l’arrivée des épreuves de breaking ainsi que la suppression des compétitions de karaté et de baseball en 2024, le monde olympique apparait comme fluctuant selon les olympiades. Depuis la rénovation des Jeux en 1894 par le Baron Pierre de Coubertin, certains sports sont arrivés, d’autres ont disparu de façon permanente ou temporaire. Comment le monde olympique a-t-il évolué depuis 1896 ? Comment pouvons-nous expliquer l’élaboration du programme olympique ? Quels sont les enjeux sous-jacents qui organisent les choix des ordonnateurs, entre le Comité international olympique et les acteurs locaux de chaque édition des Jeux ? Pour identifier les permanences et les changements dans la composition du programme olympique, nous avons travaillé sur des sources écrites de première main, issues notamment du Centre d’études olympiques situé à Lausanne : rapports officiels des Jeux olympiques d’été et d’hiver, comptes rendus de réunion de la Commission programme du CIO, courriers entre le CIO et les Fédérations internationales etc.. En s’inscrivant dans une histoire géopolitique (Terret, 2011) et géoculturelle du sport, nous montrerons que la construction du monde olympique s’apparente à une équation délicate entre (in)stabilités et innovations. À ce sujet, notre communication visera à proposer une classification des sports en fonction de leur trajectoire olympique : ont-ils toujours fait partie du programme olympique ? ont-ils été exclus de certaines éditions des Jeux ? ont-ils été introduits récemment ? Plusieurs exemples concrets permettront de mettre en exergue la diversité des enjeux sous-jacents, chaque pratique sportive ayant une trajectoire olympique singulière, liée très souvent aux acteurs en présence. Ceci va donc nous amener à articuler les enjeux institutionnels de la composition du programme des Jeux avec des éléments issus de l’histoire culturelle et d’autres issus de l’histoire sociale, à l’image d’une histoire totale (Julien Louvrier, « Pierre Vilar : une histoire totale, une histoire en construction », Annales historiques de la Révolution française, n°347, 2007, p.220-223).

  • Quelles archives mobiliser pour écrire une histoire inédite du handball ?

    Lise Cardin
    Journées d’études « Histoire et archives des fédérations sportives », Archives nationales, Pierrefitte-sur-Seine, Nov 2023, Pierrefitte-sur-Seine, France
    Communication dans un congrès

    À travers la notion de trajectoire d’une pratique sportive dont Roger Chartier et Georges Vigarello ont défini des contours et éléments principaux, l’objectif de cette communication est de mettre en évidence les archives utilisées pour un projet d’histoire totale du handball en France. Questionnant à la fois les espaces, mais également les pratiquants, la commercialisation de la pratique ou encore la manière de jouer, cette recherche mobilise une pluralité de sources, tant institutionnelles, journalistiques, iconographiques, etc., issues de plusieurs lieux de conservation, publics et privés. En complément, l’identification d’hommes et de femmes providentiels, à travers des sources orales, constitue une étape incontournable pour donner chair à toute histoire d’une pratique sportive et construire un corpus de données dépassant le cadre d’un travail de mémoire. Aussi, la réussite d’un projet d’histoire totale passe, en premier lieu, par cette diversité de sources permettant à la fois de constituer un moyen pour croiser les informations, mais aussi prendre un certain recul vis-à-vis des éléments extraits des archives fédérales. Dans un second temps, la contextualisation de nos propos à travers, d’une part, le cadre de l’histoire des pratiques physiques, permettant des comparaisons quant aux processus de développement, et d’autre part, en écho à l’histoire sociale et culturelle de la France, permet de dépasser le stade d’une lecture endogène et descriptive. À partir de quelques exemples issus de la trajectoire du handball, nous montrerons comment nous avons articulé l’ensemble des archives consultées relevant à la fois des dimensions institutionnelles, sociales et culturelles. En effet, notre clé de lecture est la suivante : la trajectoire institutionnelle du handball ne peut être appréhendée sans connaissance des actions des acteurs et la compréhension des représentations et des techniques.

  • Le programme olympique : entre (in)stabilités et innovations ? L’exemple de la lente reconnaissance olympique du handball

    Lise Cardin
    Colloque Pierre de Coubertin, Oct 2023, Calais, France
    Communication dans un congrès

    Avec l’arrivée des épreuves de breaking ainsi que la suppression des compétitions de karaté et de baseball en 2024, le programme olympique apparait comme fluctuant selon les olympiades. Depuis la rénovation des Jeux en 1894 par le Baron Pierre de Coubertin, certains sports sont arrivés, d’autres ont disparu de façon permanente ou temporaire. Comment et par qui est élaboré le programme olympique ? Quel est le poids du Comité international olympique et des fédérations internationales dans ces décisions ? Quels sont les enjeux sous-jacents qui organisent les choix des ordonnateurs ? Pour illustrer cette équation délicate entre stabilités et innovations, nous prendrons l’exemple de l’introduction controversée du handball aux Jeux olympiques. En effet, la trajectoire olympique de ce sport n’apparait pas comme linéaire : sport de démonstration en 1936, il faut ensuite attendre 36 ans pour qu’il soit introduit officiellement dans le programme olympique. L’objectif de cette communication est donc d’essayer de comprendre pourquoi le handball est présent aux Jeux de Berlin, mais surtout de mettre en évidence les justifications reléguant cette pratique à un rôle de sport facultatif puis celles lui permettant d’intégrer le programme olympique. Différents indicateurs seront mobilisés, tant sur le plan institutionnel, social voire culturel : Quel est le positionnement du CIO ? Qui sont les acteurs dont les décisions et prises de position ont influencé la trajectoire du handball aux Jeux ? Quels sont les impacts sur la pratique du handball au niveau international ?

  • Le développement du handball en temps de crises : d’une représentation scolaire à une représentation vichyste de l’éducation corporelle (1937-1948)

    Lise Cardin
    Journées d’études and Webinaire « L’éducation des corps en temps de crises : traditions ? innovations ? (années 1936-1948) », IFEPSA - Angers, Jan 2023, Angers, France
    Communication dans un congrès

    Avec un tournoi de handball inscrit au programme, les Jeux universitaires de Paris de 1937 signent l’introduction de cette nouvelle pratique sportive dans le milieu scolaire français. Cet évènement coïncide avec l’institutionnalisation du sport scolaire, l’OSSU étant créé en 1938 pour servir de « trait d’union entre l’Université et le mouvement sportif » (Terfous, 2014). Le handball bénéficie de cet engouement et le sport scolaire devient rapidement un vecteur de diffusion de cette pratique à l’échelle nationale. Cette proximité entre ce nouveau sport et le monde scolaire témoigne d’une adéquation entre la représentation de la pratique et les valeurs que l’École cherche à transmettre aux élèves. Notre contribution s’attachera à mettre en évidence les représentations véhiculées par les différents acteurs pouvant justifier le développement du handball en France dans un contexte de crises tant sanitaires, qu’économiques ou sociales. Pourquoi le handball jouit-il d’une place de choix dans l’éducation des corps, à l’école mais également dans les autres institutions, de 1937 à 1948 ? Pour ce faire, cette recherche mobilise une pluralité de sources, tant institutionnelles, journalistiques, iconographiques, etc., issues de plusieurs lieux de conservation, à la fois liés aux domaines scolaire et sportif. Concrètement, le handball semble bénéficier de contextes plutôt très favorables à son développement en France, bien que particulièrement différents entre 1937 et 1948. Les représentations de cette pratique qui mettent alternativement l’accent sur une caractéristique plutôt qu’une autre apparaissent comme un élément justificatif de sa pérennité malgré les différentes crises relatives à la période concernée. Véritable tremplin pour la diffusion du handball, le système scolaire et universitaire façonne, dans un premier temps, une représentation de la pratique en adéquation avec les attentes de l’école autour de son caractère « non brutal », de sa capacité à forger des corps musclés, sveltes et agiles ou encore à partir de sa facilité d’accès qui le démarque d’autres pratiques. Contrairement à d’autres sports, cette trajectoire du handball dans le milieu scolaire ne semble pas impactée par le régime de Vichy et la période de l’Occupation. Le régime de Vichy est même à l’origine de l’institutionnalisation de cette pratique, sûrement en raison d’une représentation d’un sport éducatif, naturel et complet permettant de répondre aux attentes de l’éducation de l’« homme nouveau ». Finalement les années 1940 sont marquées par une représentation bivalente du handball avec une dialectique entre une pratique germanique, pouvant être considérée comme un sport de collaboration avec l’Occupant, et un sport qui véhicule les valeurs d’éducation des corps en accord avec les attentes sociétales et scolaires.

  • Le Pari 1992 : déclencheur d’une révolution dans le handball français après des décennies d’échec sportif

    Lise Cardin
    20ème Carrefours d’Histoire du Sport, 18-20 octobre 2022, Oct 2022, Limoges, France
    Communication dans un congrès

    Notre contribution s’attachera à mettre en évidence le décalage entre les volontés politiques et actions des acteurs de la FFHB lors des années 1970 et 1980 en faveur du haut niveau et les résultats obtenus par les équipes de France de handball. En effet, alors qu’un Plan d’Expansion est lancé par Nelson Paillou, alors président de la FFHB, accompagné de nombreux moyens au niveau de la détection et de la formation, aucune amélioration des résultats des équipes de France est observée : non-qualification aux Jeux Olympiques (JO) de 1972, descente dans la troisième division internationale (Mondial C) etc.. Jusqu’au milieu des années 1980, « le handball français a du mal à sortir de sa léthargie » (Michel J-L., « Un stage plein de promesses », L’Équipe, 15 septembre 1977). Le conseil d’administration de la FFHB mentionne même « un profond malaise du Handball dans son ensemble » (FFHB, Rapport du CA FFHB, Nancy, 19 avril 1985, Archives FFHB) qu’il s’agit de questionner dans cette contribution et de dépasser à partir des solutions apportées par la FFHB. Pour ce faire, nous avons recherché et identifié les publications officielles de la FFHB à travers les procès-verbaux des conseils d’administration, du bureau ou encore des assemblées générales. Celles-ci ont été complétées par une analyse des revues fédérales (Bulletin fédéral, HandAzur etc.) et de la Revue EP.S, associée à des articles journalistiques de presse spécialisée (L’Équipe). Ces sources écrites ont été comparées et articulées avec les propos d’acteurs issus d’entretiens semi-directifs, tant joueurs qu’entraîneurs ou politiques de cette période. L’analyse de ces sources éclectiques nous permet de mettre en évidence l’impasse dans laquelle se situe le handball français au milieu des années 1980 au regard d’une incompatibilité entre certaines volontés politiques affichées et les résultats souhaités. La question de la professionnalisation est au cœur des débats associée à celle des sponsors et de la médiatisation. À la suite du « malaise » ressenti à la FFHB en 1985, ce sont finalement certains acteurs qui lancent une sorte d’ultimatum pour pouvoir, enfin, toucher du doigt la réussite de l’axe du projet fédéral intitulé « positionner l’équipe de France au meilleur niveau mondial ». Le Paris 1992 est lancé en 1986 dans l’optique de bien figurer aux JO de 1992, brigués par la France, induisant une politique fédérale de haut niveau inscrite sur 6 années. Toutefois, le 17 octobre 1986, le CIO attribue ces Jeux à Barcelone et remet en cause l’organisation de la politique fédérale de la FFHB, puisque désormais la qualification des équipes nationales françaises à ce tournoi n’est pas un dû. Le Paris 1992 devient le Pari 1992, sorte de convention signée par les membres du bureau directeur de la fédération qui engage des moyens pour parvenir à cette qualification olympique, pari gagnant puisque la France gagne sa première médaille internationale lors de ses Jeux.

  • French handball: an ultimate school sport? (1937-1992)

    Lise Cardin
    XXVth International Congress of CESH, Bucarest, Sep 2022, Bucarest, Romania
    Communication dans un congrès

    Our contribution highlights the collaboration between PE teachers and the French handball federation (FFHB) between 1937 and 1992. Here, we will focus especially on the impact of this collaboration on the trajectory of handball in France since the World university games holding in Paris in 1937. In fact, this sport was almost unknown in France and PE teachers discovered it at this time. Then, they become main actors in the development of handball. Methodologically, we identified both federal sources and PE files about handball during the 20th century, associated with general and sport press. This corpus is completed by oral sources with 20 federal actors and PE teachers who were involved in handball. Analysis of these sources highlights a tight collaboration between PE teachers and FFHB to the point that PE teachers made some major decisions about the trajectory of handball. First, they initiated the institutionalization of this sport. Then, they were involved in the abolition of handball with 11 players. Moreover, they collaborated with FFHB in high performance, especially with the sport-study program. The consequences of this tight collaboration, with a potential fusion between PE teachers and federal actors, is that handball was represented as a school sport, even when the French handball team won its first world medal in the 1992 Olympic Games.

  • Peut-on faire l’histoire totale d’un sport ? L’exemple du handball

    Lise Cardin
    15ème Carrefour d’Histoire du Sport, Oct 2021, Arras, France
    Communication dans un congrès

    A travers la notion de trajectoire d’une pratique sportive dont Roger Chartier et Georges Vigarello ont défini des contours et éléments principaux, l’objectif de cette communication est de mettre en évidence la méthodologie utilisée pour un projet d’histoire totale du handball en France. Ce projet est né à partir du constat suivant, devenu notre grille de lecture tout au long de la thèse réalisée : la trajectoire institutionnelle du handball ne peut être appréhendée sans connaissance des actions des acteurs et la compréhension des représentations et des techniques. Autrement dit, la finalité de cette histoire totale renverrait aux propos de Pierre Vilar : « non pas dire tout sur tout, mais dire ce dont le tout dépend et ce qui dépend du tout ». Questionnant à la fois les espaces, mais également les pratiquants, la commercialisation de la pratique ou encore la manière de jouer, ce concept d’histoire totale qualifie finalement ce que les fondateurs de l’Histoire des Annales, Marc Bloc et Lucien Febvre, nommaient respectivement « explication totale » et « histoire à part entière ». Pour ce faire, cette recherche mobilise une pluralité de sources, tant institutionnelles, journalistiques, iconographiques, etc., issues de plusieurs lieux de conservation, publics et privés. En complément, l’identification d’hommes et de femmes providentiels, à travers des sources orales, constitue une étape incontournable pour donner chair à toute histoire d’une pratique sportive et construire un corpus de données dépassant le cadre d’un travail de mémoire Aussi, la réussite d’un projet d’histoire totale passe, en premier lieu, par cette diversité de sources permettant à la fois de constituer un moyen pour croiser les informations, mais aussi prendre un certain recul vis-à-vis des éléments extraits des archives fédérales. Dans un second temps, la contextualisation de nos propos à travers, d’une part, le cadre de l’histoire des pratiques physiques, permettant des comparaisons quant aux processus de développement, et d’autre part, en écho à l’histoire sociale et culturelle de la France, permet de dépasser le stade d’une lecture endogène et descriptive. A partir de quelques exemples issus de la trajectoire du handball, nous montrerons comment nous avons articulé les trois principales perspectives historiques recherchées : institutionnelle, sociale et culturelle à partir d’une problématique centrée sur la trajectoire singulière du handball français.

  • Marie-Thérèse Eyquem ou l’émancipation sous contrôle des pratiques corporelles féminines (1942-1961)

    Lisa Walther, Lise Cardin, Jean Saint-Martin
    Journées d'études "Éducation Physique" à l'IFEPSA les 13 et 14/02/2020, 2020, Les Ponts de Cé, France
    Communication dans un congrès

    Entre 1942, année où elle est nommée chargée de mission de l’éducation physique et des sports féminins auprès du Colonel Pascot, et 1961 où elle devient Inspectrice de la Jeunesse et des sports, Marie-Thérèse Eyquem multiplie les initiatives pour sensibiliser les jeunes françaises aux buts hygiéniques et esthétiques des exercices physiques. Sa détermination au sein des arcanes politiques trouve audience auprès des milieux associatifs et confessionnels, notamment catholiques et participe de l’évolution des représentations du corps féminin au cours des Trente glorieuses. L’analyse des sources écrites conservées aux Archives nationales, croisées avec une lecture attentive de la presse spécialisée des années 1940 et 1950 (L’Auto, Tous les sports, L’Equipe, Les Jeunes, revue EGS, L’Homme Sain, revue EP.S, Héraclès, etc .) et de la presse généraliste (Le Monde, Le Figaro, L’Humanité) permet d’identifier avec précision les multiples enjeux de son engagement quotidien pour promouvoir un féminisme modéré essentialiste. L’objet de cette communication vise à interroger cet engagement continu durant deux décennies et ses effets sur les transformations de l’éducation physique et du sport scolaire féminins, notamment lors du 2ème congrès international de l’EP féminine de Paris de 1953. Il s’agira alors de mesurer à la fois l’importance des sources d’inspiration de cette actrice et l’évolution de sa trajectoire intellectuelle pour tenter d’expliquer en quoi l’émancipation sous contrôle des femmes qu’elle ne cesse de promouvoir s’appuie pour partie sur une liberté surveillée du corps féminin.

  • Jadwiga Folliot, de Cracovie à Mantes-la-Jolie : L’importation d’une pratique semiprofessionnelle du handball dans un système totalement amateur

    Lise Cardin
    21e CESH Congress, Dec 2017, Strasbourg, France
    Communication dans un congrès

    « Quand je suis arrivée en France, […] tout ça, au fait, que ce que j’avais vu, j’ai vécu en Pologne, j’ai transmis en France. » Cette notion de transmission semble importante pour Jadwiga Folliot, elle-même, lorsqu’elle décrit son parcours handballistique. Elle apparait même comme un devoir au regard de sa trajectoire de vie. Née en 1950 à Cracovie, en Pologne, Jadwiga Nowak fait partie des meilleures juniors polonaises puis intègre, à 33 reprises, l’équipe nationale, très présente, à cette époque, sur le devant de la scène internationale . Lorsqu’elle arrive en France le 1er décembre 1974 pour suivre son futur mari, Patrice Folliot, professeur d’éducation physique et entraineur de la section féminine de handball à l’Association Sportive Mantaise, Jadwiga découvre la réalité du handball français, sport encore confidentiel et toujours amateur. Au travers du parcours de cette actrice en pleine Guerre froide, transparaissent alors des différences majeures dans l’organisation du handball – et plus largement du sport – en France et en Pologne, avec un système sportif communiste très développé. Qualifié de « méthode politique » par Cyrille Leguyon concernant les pays du bloc de l’Est , il s’agira alors de mettre en tension ces deux systèmes sportifs au regard du contexte géopolitique de la Guerre froide pour comprendre la future modernisation du handball français. A partir de témoignages, de coupures de presse mais également d’archives institutionnelles de la Fédération française de handball, nous avons identifié les différents rôles qu’a tenus Jadwiga Folliot dans le développement du handball au sein de l’AS Mantaise, du département des Yvelines et plus largement au niveau de l’équipe de France féminine. Si elle ne pouvait pas importer le système sportif professionnel développé par les autorités polonaises en France, pays dans lequel le développement du handball est traditionnaliste, il semble qu’elle ait réussi à importer certains aspects permettant d’augmenter le niveau de jeu de son équipe. En deux saisons, l’AS Mantaise féminine de handball est passée d’une pratique de loisir, avec la participation au championnat départemental à l’accession à la Nationale 1, meilleur championnat français de l’époque. Le transfert culturel proposé par Jadwiga dans les années 1970 en France, principalement de l’ordre de la programmation des entraînements et de la charge de travail à l’échelle de l’AS Mantaise, est davantage centré sur la pratique en elle-même au niveau national. En raison de son origine polonaise, pays dans lequel le handball constitue un sport majeur, il semble que pour certaines de ses coéquipières, Jadwiga symbolise « l’inaccessible » . Cette admiration des plus jeunes facilite la transmission de ses représentations de la pratique et de l’entraînement, en particulier la notion de rigueur et l’importance de la qualité de passe. En interrogeant l’impact joué par cette actrice en équipe de France et exploité par les deux entraîneurs en présence, Jean-Claude Thomas et Claude Bayer, nous aborderons également la question des transformations des techniques de jeu. La combinaison « Yago » qui consiste en un croisé du demi-centre avec le pivot, toujours d’actualité, chez les équipes masculines comme féminines, lui doit son nom.

  • La massification du handball en France dans les années 1960 et 1970 : Un apprentissage tourné vers la tactique

    Lise Cardin
    XX international CESH congress,, Sep 2016, Leicester, France
    Communication dans un congrès

    A l’aube des années 1960, le handball à 11 joueurs disparait de la scène nationale. Cette transformation dans le paysage handballistique permet à la Fédération française de handball (FFHB) de recentrer ses objectifs uniquement sur le handball à 7. C’est à ce titre qu’en 1964, sous l’impulsion du président de la FFHB, Nelson Paillou, un « Plan d’expansion » est lancé dans l’objectif d’orienter le développement du handball vers la masse et faisant passer l’élite au second plan. Notre contribution s’attachera à mettre en évidence les transformations dans la conception du handball et de son apprentissage, apportées pendant les années 1960 en lien notamment avec la politique fédérale proposée ainsi que l’évolution des sports collectifs en France mais également à l’échelle des compétitions internationales. Pour ce faire, nous avons recherché et identifié des sources de nature fédérale, mais également liées à l’éducation physique et aux sports collectifs, en particulier en lien avec le Colloque international de Vichy de 1965, précurseur dans le domaine de la réflexion tactique en sports collectifs. Aussi, les sources utilisées regroupent des archives privées ainsi que celles de la Fédération française de handball en particulier la revue fédérale des années 1960 (Bulletin Fédéral) et les fascicules publiés par la Direction technique nationale (DTN) entre 1967 et 1970. Ce corpus est complété par les articles de la Revue EPS sur le handball, ainsi que par les différents ouvrages technico-tactiques. Notre intervention montrera que la politique fédérale développée dès le début des années 1960 a conduit à une massification du handball avec une forte augmentation du nombre de clubs et de licenciés qu’il était nécessaire d’accompagner dans la pratique. Les outils apportés par la FFHB en lien avec la DTN, attestent de contenus technico-tactiques dont les justifications, implicites ou explicites, sont tirées notamment des travaux de Frédérich Mahlo et Léon Teodoresco, présentés lors du Colloque international de Vichy. Aussi, la technique n’est plus une juxtaposition de gestes, mais une technique d’action, réinvestissable dans la tactique collective. Toutefois, force est de constater une continuité dans la référence au VARF (Vitesse – Adresse – Résistance – Force) et dans la décomposition des mouvements.

  • The introduction and development of handball in France from the eve of thirties to the current decade: ways of diffusion and cultural transfer

    Lise Cardin
    International summer school in sports science, Jun 2016, Marne-la-Vallée, France
    Communication dans un congrès

    At the moment, we do not know exactly how or where handball was introduced and developed in France.Because Germany has been considered as the handball’s home country since the interwar period, the Alsatian region usually appears as the area which first introduced handball in France (Picard, 1997; Lacoux, 1998). But is it the only historical area to experiment this cultural transfer? Moreover, were the same networks responsible for the diffusion in France of field handball with 11 players and of the current handball version with 7 players? My research project aims to explain the process of the diffusion of handball by identifying the main leaders, breakthroughs and starting points of development of this physical activity. Three fields are being investigated: 1. the institutional history of handball in conjunction with the political issues, 2. a social history approach through life of the main promoters of the game and 3. a cultural history concerning the varioustechnical and tactical aspects of the discipline. The sources used are mainly printed papers and archives from the French Handball Federation and an association named Leg’Hand, which aim is to collect everything about handball to open a museum of this sport. The national press and sports newspapers have also been read. Besides, this research relays on semi-directed interviews with some of the main actors of the diffusion of handball. The first results point out two ways handball spread in France in the interwar period: the workers’ sport – mainly developed in Alsace – and the Parisian physical education where teachers had a key role in the introduction of the game. Even if workers’ sport seems to be the first canal through which handball was introduced in France, both models then grew independently at the same time but on different scales: the workers’ sport in the Rhine Valley and the school sport in several French regions especially around Paris.

  • Defining new horizons? Workers’ sport in post-1918 Strasbourg

    Daphné Bolz, Lise Cardin, Tony Froissart
    17th ISHPES Congres, 2016, Paris, France
    Communication dans un congrès

    When the First World War came to an end, the region of Alsace switched from Germany to France. This broughtsignificant changes in the life of the people living in this border area and also affected the local sports movement. As part of a large research project conducted at the University of Strasbourg on post-war sport in the Alsatian capital, this paper will question how the workers’ sport movement adapted to the new situation. The presentation will raise the question of the identity of the workers’ sports movement in Strasbourg, which was founded at a time when the city belonged to Germany.The sources used are mainly printed papers and archives from the workers organisations. The paper will show that the change in national belonging did not fundamentally modifythe aims and activities of the local workers’ sport movement. Indeed, the post-1918 workers’ sportsmovement did not reject its German rootsat all. However, its reference to Germany was not national but cultural.Turnen, outdoor activities,sports and music went hand in hand and were part of a general education process that was meant to improve the workers’ lives. The socialist horizon of the Strasbourg sports movement was of German inspiration and expression, but of international outlook. In questioning the local identity of an international sport movement, this paper illustrates the multiscale dimension of sport.

  • Nelson Paillou : un acteur incontournable dans l’évolution du handball en France

    Lise Cardin
    Carrefours d'histoire du sport, 2016, Lille, France
    Communication dans un congrès

    Président de la Fédération française de handball (FFHB) entre 1964 et 1982, vice-président puis président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) de 1971 à 1993, acteur à l’initiative de la création de l’Association française pour un sport sans violence et pour le fair-play, Nelson Paillou a multiplié le nombre de fonctions politiques défendues au cours de sa carrière, au point d’être considéré comme un acteur clé dans l’histoire du sport en France. Notre contribution s’attachera à mesurer les impacts des différents statuts et rôles endossés par Nelson Paillou dans la diffusion et le développement du handball en France. En effet, ses différentes initiatives et choix politiques s’avèrent innovants et témoignent d’un engagement inconditionnel de cet acteur. Toutefois, en fonction des enjeux et des publics ciblés par ses actions – parfois contradictoires – le caractère complexe et ambivalent de ce personnage peut être mis en exergue. En outre, dans l’objectif d’accéder à l’élite mondiale et de pérenniser une place dans le sport de haut-niveau, il semble nécessaire de dépasser les conceptions du sport « humaniste et fédérateur » (Delplanque, 2009) de Nelson Paillou. Afin d’analyser les positions soutenues par l’apparent philanthrope Nelson Paillou, nous avons dans un premier temps analysé les ouvrages, ainsi que les différents articles de périodiques écrits par lui-même. Nous avons complété ce premier corpus à partir d’archives de nature institutionnelle (FFHB et CNOSF), ainsi que des coupures de presse et de périodiques, notamment publiés par la FFHB. Des témoignages d’acteurs ayant côtoyé Nelson Paillou complèteront les sources utilisées. Notre intervention montrera les trois rôles principaux joués par Nelson Paillou – non sans controverse – dans le développement du sport et plus particulièrement du handball en France. Premièrement, cet acteur a joué un rôle éminemment important quant à l’introduction et la diffusion du handball à l’échelle du territoire français, puis quant à la diffusion de cette pratique à l’ensemble des Français avec la mise en œuvre d’une politique de massification. L’enjeu d’ouverture du handball à un maximum de jeunes notamment induit la mise en place d’une véritable direction technique nationale pour proposer des étapes d’apprentissage dès l’initiation, distinct des entrainements de haut-niveau qui font référence à cette période. En complément, Nelson Paillou a également contribué à la reconnaissance et à la visibilité du handball au niveau national, mais également européen, voire international. Il a développé une politique de communication et une présence remarquable dans tous les évènements afin de diffuser ses choix politiques. Toutefois, sa présence en tant qu’arbitre international dans les compétitions mondiales au début des années 1960 apparait en décalage avec sa volonté de favoriser le sport de masse par rapport au haut-niveau. Enfin, il apparait que lors de la seconde moitié du XXe siècle, Nelson Paillou, franc-maçon et fervent défenseur de la conception coubertinienne du sport, corresponde à un des principaux promoteurs des valeurs humanistes du sport et par extension celles du handball. Si son rôle dans la massification du handball en France est indéniable, sa position ancrée à l’encontre du sponsoring et de certaines formes de professionnalisme nécessite d’être dépassée pour ouvrir le développement de cette pratique sur le haut-niveau international. Soulignons ici toute l’ambiguïté de ce personnage entre ses choix politiques proposés lors de ses mandats de vice-président puis président du CNOSF et ceux à la tête de la FFHB. Ce dilemme entre une conception du handball pour tous et une conception du handball élitiste coïncide avec le contexte sportif en France des années 1960, en lien notamment avec la question de la spectacularisation.

  • Le sport ouvrier alsacien et l’éducation physique : vecteurs de diffusion du handball en France dans l’entre-deux-guerres

    Lise Cardin
    XIX international CESH congress, Oct 2015, Florence, Italie
    Communication dans un congrès

    Avec cinq titres de champions du monde (1995, 2001, 2009, 2011, 2015), deux titres aux Jeux Olympiques (2008, 2012) et trois titres aux championnats d’Europe (2006, 2010, 2014) uniquement pour son équipe masculine, la France apparait comme une nation incontournable dans la sphère handballistique. Toutefois, les régions et les conditions d’émergence de cette pratique physique en France semblent parfois controversées voire contradictoires d’après les quelques monographies publiées (André et Braesch, Lacoux, Picard). Notre contribution cherchera à mettre en évidence une certaine modélisation de la diffusion du handball en France à l’instar d’Erik Eggers pour l’Allemagne mais aussi des travaux réalisés pour d’autres pratiques sportives (Chavinier, Grosjean, Savre). Afin d’analyser et de comprendre l’introduction du handball en France, nous avons recherché et identifié des sources nationales mais également régionales notamment concernant l’Alsace ainsi que des documents allemands. L’étude de ces sources nous a menés vers une double provenance : le sport ouvrier mulhousien et l’éducation physique parisienne. En effet, si l’origine allemande du handball à 11 semble devoir être couplée avec d’autres provenances, son importation en France semble être dépendante, dans un premier temps, des quartiers ouvriers de Mulhouse et plus largement d’Alsace. Nous pouvons émettre l’hypothèse que la proximité de ce territoire avec l’Allemagne peut en partie justifier cette conclusion. Dans un second temps, le handball a vu le jour en région parisienne principalement dans les cours d’éducation physique. Les enseignants d’éducation physique apparaissent alors comme des vecteurs de diffusion du handball vers d’autres régions françaises en proposant lors de différentes compétitions des matchs d’exhibition mais aussi en créant un championnat de handball. Les sources utilisées pour cette recherche regroupent des archives privées ainsi que celles de la Fédération française de handball (Bulletin Fédéral, Handball), des archives issues de la presse généraliste telles que Le Populaire mais aussi les archives de journaux sportifs, notamment L’Auto .

  • La diffusion du hand-ball

    Lise Cardin
    "Le Sport strasbourgeois au sortir de la Grande Guerre : entre francisation et germanisation des masses", Strasbourg, 27-28 mais 2015, May 2015, Strasbourg, France
    Communication dans un congrès

  • Thèse
  • Introduction et diffusion du handball en France : des origines étrangères à l'affirmation nationale française (1922-2004)

    Lise Cardin
    Education. Université de Strasbourg, 2019. Français. ⟨NNT : 2019STRAG028⟩
    Thèse

    Contrairement aux autres sports collectifs introduits en France dans la seconde moitié du XIXème siècle, le handball prend son essor en France durant l’entre-deux-guerres. Passant d’une pratique d’entraînement hivernal des athlètes, à une pratique professionnelle au début du XXIe siècle, notre objet de recherche cherche à expliquer les processus d’intégration et de diffusion de cette pratique en France, tant sur le plan géopolitique que technico-tactique. À partir d’une diversité de sources, (archives institutionnelles, témoignages de 25 acteurs, coupures de presse et périodiques handballistiques), trois perspectives sont envisagées (institutionnelle, sociale et culturelle), identifiant quatre étapes dans la construction du handball français. Après une première phase d’importation, grâce à deux vecteurs de diffusion principaux, le sport ouvrier et le sport scolaire, se situant à des échelles et des vitesses différentes, la FFHB est créée par le régime de Vichy, associé à quelques professeurs d’EP conquis par cette nouvelle activité de football à la main qui se pratique alors à 7 ou 11 joueurs. Puis, lorsque le handball à 7 devient majoritaire, sa représentation culturelle se transforme, passant d’une somme de techniques individuelles à maîtriser à la nécessité de prendre en considération les adversaires et les partenaires. Cette révolution est largement soutenue par la DTN dans les années 1960 et 1970, en lien avec les considérations scientifiques présentes en France et à l’étranger, pendant que Nelson Paillou conçoit la massification des licenciés et la structuration du système fédéral selon une logique amateur. La chute du bloc de l’Est et le choix des dirigeants et entraîneurs fédéraux, de privilégier le haut niveau contribuent aux premiers succès français tout en ouvrant l’ère de la marchandisation et de la spectacularisation à partir des années 1990. Néanmoins, à l’aube du XXIe siècle, le handball finit par s’abstraire des modèles étrangers et rejoint le développement des autres sports collectifs en professionnalisant ses structures et ses acteurs.

Responsabilités (scientifiques, administratives et pédagogiques)

  • Co-responsable du master MEEF 2nde degré parcours EPS, INSPÉ de Strasbourg (depuis 2024).
  • Membre élue au bureau de l’équipe de recherche Sport et sciences sociales (EA 1342).
  • Responsable pédagogique du master 1 Agrégation-recherche en activités physiques et sportives (2020-2024).
  • Élue au conseil d’administration de la SFHS – Société française d’histoire du sport (2016-2024).
  • Élue étudiante au sein de conseil et du bureau de l’unité de recherche « Sport et sciences sociales » (2014-2018).